VIVA NANNI !

(Bianca / La Messe est finie)

Un film de Nanni MORETTI | Comédie dramatique | Italie | 1984-1985 | 98-95mn | Couleurs

Deux comédies douces-amères de Nanni Moretti, fer de lance du cinéma italien contemporain : Bianca et La Messe est finie.
Au cinéma le 5 juin 2019 en versions restaurées inédites
 
"Dans les films que je fais – appelons-les personnels, autobiographiques –, j'essaie d'exorciser mes peurs, mes névroses, mes obsessions, de les éloigner avec l'arme, inévitable quand on se livre à l'autobiographie, de l'ironie." Nanni Moretti
 
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C’est en 1976 que l’acteur-réalisateur italien Nanni Moretti tourne son premier long-métrage, Je suis un autarcique, à seulement vingt-trois ans. Bientôt suivis d’Ecce Bombo (1978) et Sogni d’oro (1981), ces trois films constituent la première période du cinéaste, celle de ses débuts. Ces trois comédies à l’humour caustique mêlent à la fois éléments autobiographiques, questionnements intimes et préoccupations politiques. Moretti se crée un alter ego du nom de Michele Apicella qu’il interprète lui-même, à la manière d’un Woody Allen auquel la critique l’a souvent comparé.
Après cette « trilogie de la jeunesse », marquée par une certaine forme d’ébullition stylistique, une première rupture va avoir lieu au mitan des années 1980 avec son diptyque formé par Bianca et La Messe est finie, deux films tournés à seulement un an d’intervalle (1984 et 1985). Si l’univers morettien reste quasiment inchangé dans ses thématiques et ses personnages – le héros de Bianca se nomme également Michele Apicella –, Nanni Moretti acquiert une maturité nouvelle dans sa mise en scène – le réalisateur ayant été marqué par la découverte de La Femme d’à côté de François Truffaut, sorti en Italie en 1982. Il revendique dès lors une plus grande attention aux choix des décors et à la construction du récit, faisant pour la première fois appel à un coscénariste, ici Sandro Petraglia.
Bianca et La Messe est finie forment les deux volets d’une oeuvre exprimant une même angoisse existentielle face à la fin des idéaux de jeunesse. Nanni Moretti utilise le prisme de la comédie pour traiter de sujets sérieux, recourant à un sens de l’humour unique, à la fois absurde, mordant et touchant. Même si les héros qu’il incarne dans ces deux films partagent avec lui de nombreuses préoccupations communes, ces derniers commencent à prendre davantage d’autonomie par rapport à lui, à s’ouvrir aux autres. À travers eux, Nanni Moretti s’impose désormais comme le chef de file d’une nouvelle génération de cinéastes, prenant le pouls d’une société italienne en perpétuelle mutation.

 

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