FORTERESSE CACHÉE, LA

(Kakushi-toride no san-akunin)

Un film de Akira KUROSAWA | Aventures | Japon | 1958 | 139mn | N&B | 2.35:1

Japon, XVIe siècle. Le clan des Akizuki vient d’être vaincu par leur rival, les Yamana. Deux petits escrocs querelleurs, Matashishi et Tahei, vont se retrouver mêlés à cette guerre des clans en croisantsur leur route un homme puis une femme dont ils ignorent la véritable identité. Il s’agit du samouraï Rokurota, chargé de la protection de la princesse d’Akizuki. Attirés par le trésor qu’ils transportent avec eux, les deux compères vont les suivre jusqu’au royaume Hayakawa où ils pourront tous trouver refuge…
Au cinéma le 25 janvier 2017 en version restaurée dans le cadre de la Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
 
UN GRAND FILM D’AVENTURES AU TEMPS DU JAPON MÉDIÉVAL
QUI INFLUENCERA GEORGE LUCAS AVEC STAR WARS
 
En 1957, Akira Kurosawa sort deux films très sombres, Le Château de l’Araignée et Les Bas- Fonds, qui seront tous deux des échecs commerciaux dans leur pays. En réaction, le cinéaste décide de changer radicalement de style et tourne l’année suivante La Forteresse cachée, qui s’avèrera être l’un de ses plus grands succès. Cette grande fresque épique quasi exclusivement tournée en décors naturels mêle plusieurs genres : la tragédie avec l’histoire du peuple d’Akizuki, décimé par le clan rival ; le burlesque à travers les personnages de Matashishi et Tahei qui passent leur temps à se quereller et dont l’extrême cupidité prête à sourire ; le road-movie, puisque le film est organisé autour du périple des personnages jusqu’au royaume Hayakawa ; et bien entendu le film d’action à travers les nombreuses scènes de bataille de Rokurota. Il s’agit là du premier film de Kurosawa tourné en TohoScope, conférant à certaines de ses scènes des allures de véritables tableaux. La Forteresse cachée est une oeuvre plus complexe qu’il n’y paraît ; sous des abords de « film à grand spectacle », le réalisateur nippon traite de sujets sérieux : les luttes intestines entre les peuples, le féminisme à travers le personnage de la princesse Yuki, le sens de l’honneur contre la cupidité des hommes. Lauréat de l’Ours d’Or au Festival de Berlin de 1959, La Forteresse cachée prouve la grandeur de ce récit qui, bien que situé dans le Japon féodal, n’en garde pas moins un caractère universel – démonstration faite avec le cinéaste américain George Lucas qui trouva dans cette histoire une influence majeure pour sa saga mythique Star Wars.

Réalisation : Akira KUROSAWA

Avec : Toshiro MIFUNE, Misa UEHARA, Minoru CHIAKI & Kamatari FUJIWARA

 

Visa : 27 115

 

CE FILM A FAIT L’OBJET D’UNE RESTAURATION IMAGE ET SON PAR WILD SIDE À PARTIR D’UNE NUMÉRISATION HD DE LA TOHO

        
        
Réalisateur
Rainer Werner FASSBINDER

Akira KUROSAWA

 
Né en 1910, Akira Kurosawa est l’un des cinéastes japonais les plus acclamés du XXe siècle, dont l’impressionnante carrière a donné naissance à un florilège de chefs-d’oeuvre puissants et indémodables. En cinquante ans, le cinéaste a touché à tous les genres : le film d’action, la fresque historique, le film noir, le drame intimiste… Grand connaisseur de la littérature occidentale, il a également transposé de nombreux auteurs à l’écran : de Shakespeare (Le Château de l’Araignée) à Maxime Gorki (Les Bas-Fonds), en passant par Ed McBain (Entre le ciel et l’enfer).
C’est à l’âge de 25 ans que Kurosawa entre à la Toho – alors appelée Photo Chemical Laboratories – où il occupe dans un premier temps le poste d’assistant-réalisateur. Il y réalise son premier film, La Légende du grand judo, huit ans plus tard. Dès lors, sa filmographie se fait en grande partie au sein de ces célèbres studios japonais, et il finira par être son réalisateur emblématique.
Kurosawa a été l’un des plus importants ambassadeurs japonais à l’étranger car son oeuvre est de fait indissociable de son pays. Ses films sont de formidables témoignages sur le Japon – aussi bien médiéval (Qui marche sur la queue du tigre…) que contemporain (Vivre dans la peur) – dans lesquels le cinéaste fait preuve d’un regard empreint d’humanisme, mais néanmoins critique, sur la société nippone. Son art du réalisme visionnaire fait de Kurosawa rien de moins qu’un double cinématographique de Dostoïevski, l’une de ses principales références littéraires. Cinéaste influencé par la culture occidentale, il finira par l’influencer à son tour ; Martin Scorsese, Clint Eastwood, George Lucas… de grands réalisateurs d’aujourd’hui vouent un culte à son oeuvre.

 

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Bande-annonce

Rétrospective Akira Kurosawa - Partie 2
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