Un film de Pietro GERMI | comedie | Italie | 1966 | 114mn | 1.78

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19,99 € |
la mer à boire (Invité)
Avec Signore & Signori, Pietro Germi signe une petite pépite du cinéma italien. Bien moins connu que ses homologues de l’époque, le cinéaste a pourtant fait tourner des stars comme Mastroianni (Divorce à l’italienne, 1961) et Claudia Cardinale (Meurtre à l’italienne, 1959). En 1966, Pietro Germi est alors au sommet de son art et remportera pour ce film la plus haute distinction de sa carrière, la Palme d’Or à Cannes. Signore & Signori est en réalité, sous des apparences de comédie légère, une comédie satyrique inspirée de faits réels. Pietro Germi y épingle sévèrement tout un pan de la société italienne qu’il juge frivole et hypocrite et à laquelle il tend un miroir peu flatteur. Les personnages du film sont stéréotypés à l’extrême, les femmes y sont dépeintes comme jalouses, hystériques, nymphomanes, bigotes, écervelées, naïves, alcooliques et j’en passe… Les hommes ne sont guère mieux lotis : possessifs, faux jetons, colériques, volages, médisants, lâches, etc. En un temps où le divorce est encore très mal perçu par la société, Bisigato, l’époux adultérin, bénéficie du soutien sans faille des autorités et de son employeur (pourtant Banque Catholique !). L’épouse bafouée, quant à elle, se complait allègrement dans son rôle de victime, enfermée dans le conformisme d’un mariage raté. Ce machisme ambiant est parfaitement rendu dans une véritable scène d’anthologie où les bourgeois de Trévise, attablés au café, se livrent à leur activité favorite, médire de celles et de ceux qui ont le malheur de traverser la place à ce moment-là ! Avec Signore & Signori, on passe un très bon moment, Pietro Germi doit beaucoup à la virtuosité du jeu des acteurs, alors en majorité inconnus du grand public. Quarante ans plus tard, ce film conserve toute son actualité, on pense, par exemple, aux nombreux scandales sexuels qui ont déjà émaillés le mandat de Berlusconi, scandales mettant en scène parfois de très jeunes filles… Ceci m’amène à me poser la question suivante : une comédie aussi corrosive pourrait elle être tournée en Italie en 2010 ?