Sortie en salles le 1er juillet 2009
« Vous savez, dans les films comiques, en dehors de l’effet purement comique, le gag visuel, le dialogue, la bonne réplique ou l’effet sonore qui est fait pour distraire et amuser les spectateurs, je crois qu’il se cache toujours un petit peu de drame. Chaque construction dramatique d’un film comique est tout de même basée sur un effet dramatique. Monsieur Hulot a envie de passer de bonnes vacances et malgré tout l’homme d’affaires continue à faire ses affaires, l’intellectuel veut toujours réorganiser l’Europe et l’ancien commandant continue à raconter ses faits de guerre. Hulot, lui, est venu là pour passer des vacances. Eh bien ! malgré tout il n’est pas accepté par l’ensemble de la société. Faut bien le dire ! »
Jacques Tati
Histoire d’une restauration
Pourquoi restaurer Les Vacances de Monsieur Hulot ?
Un impératif majeur : la préservation du patrimoine cinématographique. Jacques Tati a su créer un personnage burlesque dans le sillon des génies du film comique. Longtemps, les copies d’exploitation ont largement circulé et l’internégatif a subi les conséquences de tirages excessifs. Au delà de la restauration des Vacances de Monsieur Hulot, ce projet vise à créer les éléments principaux de préservation pour une conservation à long-terme du film et, afin de présenter le film au public le plus large possible, de créer également des copies de diffusion de qualité. La version restaurée des Vacances de Monsieur Hulot respecte le montage image et son tel que voulu par son auteur Jacques Tati.
Les différentes versions des Vacances de Monsieur Hulot
En 1951, Jacques Tati commence à tourner Les Vacances de Monsieur Hulot, son deuxième long-métrage, deux ans après Jour de fête. Ne cédant à aucune facilité et malgré le succès de son premier film, le réalisateur refuse d’utiliser une seconde fois le personnage du facteur pourtant si populaire. Monsieur Hulot est né ainsi, distrait et discrètement en 1951, pour connaitre très vite un succès international. Mais depuis, on compte trois versions remontées de ce film par son réalisateur, accompagnées de trois ressorties importantes. Une première version est exploitée en 1953. Puis au début des années 60, le réalisateur remonte le film, supprime et rallonge des plans. Il réorchestre la musique d’Alain Roman et refait entièrement la musique et le mixage sonore. C’est à cette époque aussi qu’il rajoute le plan final avec le timbre en couleur marqué d’un tampon, signifiant le geste invisible du facteur. Plus tard en 1976, une nouvelle génération de cinéphiles découvre avec émerveillement le film. Encouragé par ce nouveau succès et inspiré par le film de Steven Spielberg Les Dents de la mer, Jacques Tati retourne en 1978 des plans sur la plage de Saint-Marc-sur-Mer qu’il insère dans une dernière version.
Prix Louis Delluc 1953
Prix de la Critique Internationale, Festival de Cannes 1953
Prix Femina, Bruxelles 1953
Prix du Festival de Berlin 1953