AVANTI !

AVANTI !
 

Un film de Billy WILDER | comedie | États-Unis | 1972 | 135mn

Vote 4

Wendell Armbruster junior se rend à Ischia (Italie) afin de ramener à Baltimore la dépouille mortelle de son père, décédé accidentellement. A l'hôtel, il apprend que son père vénéré n'était pas seul à bord de la voiture qui fit l'embardée. En fait, Wendell senior passait depuis dix ans un mois de cure en compagnie d'une ravissante Catherine Piggott. La fille de celle-ci, Pamela, fait la connaissance de Wendell junior dans le bateau, et le retrouve à l'hôtel, puis à la morgue.

Sortie en salles le 25 juin 2003

Peut-être le chef d'
œuvre méconnu de la comédie américaine.


En tout cas, Avanti! ne fait pas pâle figure face aux brillantes comédies qui ont fait la réputation de Billy Wilder, telles La Scandaleuse de Berlin, Sabrina, Sept ans de réfléxion, Ariane, Certains l'aiment chaud ou La Garçonnière, semblant nettement mieux s'inscrire dans cette veine que son précédent opus, La Vie privée de Sherlock Holmes. Peut-être est-ce le triste échec commercial de ce dernier (encore! oui, il a fait beaucoup de mal à son auteur) qui l'a poussé à revenir à un genre plus balisé pour lui. Le projet a pourtant bien du mal à se monter et ne doit son salut qu'au soutien de Jack Lemmon, acteur fétiche du cinéaste, et ici aussi co-producteur. Hélas, malgré une manière de capter l'air du temps, voire d'être en avance sur celui-ci, le film ne trouvera pas son public, et même, aux yeux de la critique, ne se sera pas réhabilité avant longtemps.

Il faut dire que le film n'affiche pas la même facilité d'accès que les plus grandes perles de Wilder.

On est en 1972 et surprise, le réalisateur montre qu'il ne s'est pas laissé dépasser par son époque : il sait bien qu'une comédie ne peut plus avoir cette insouciance des années cinquante, période d'un âge d'or du genre, des grands studios et du star power, où les sous-entendu jouent à défier la censure. Son film prend le parti de mêler l'élégance traditionnelle à un trivial plus contemporain pour mieux dépoussiérer le genre. Au milieu de gags purement loufoques et d'images pleines de soleil, il insère aussi cette ironie qui lui est, certes, propre, principal, même s'il se termine en happy-end, présente-t-il quelque chose de désespéré, poussant à son paroxysme le climat de noirceur qui faisait déjà le choc de La Garçonnière.

Avanti ! est un fil sur la mort qui exalte la vie.

Le scénario démarre avec la disparition brutale du père du héros et de sa maîtresse cachée. Il y est beaucoup question de dépouilles mortuaires, de cerceuils et de lieux de funérailles...et pourtant, il s'agît avant tout du récit d'une double renaissance. Quand il arrive en Italie, Wendell Armbruster III, alias Jack Lemmon, a l'arrogance des Américains en territoire étranger, le snobisme hautain d'un directeur d'une puissante société et, fatalement, cette étroitesse d'ésprit qui le condamne à vivre isolé et triste, sans même s'en rendre compte. Quand à Pamela Pigott, alias Juliet Mills (qui a pris quelques kilos pour le rôle), elle est cette Anglaise boulotte, complexée et timide, qui se place elle-même en dehors de l'action. Tous les deux vont s'ouvrir enfin à la vie en reproduisant à l'identique le couple qu'ont jadis formé leur père et leur mère respectifs. Comme l'écrivent les auteurs de 50 ans de cinéma américain : "Un acte qui est un refus symbolique de l'inévitabilité de la mort." Déjà présent en filigrane dans La Vie privée de Sherlock Holmes, le thème de la mort sera encore développé quelques années plus tard dans Fédora et marque de son emprunte la dernière partie de l'oeuvre de l'auteur : en tout cas, il donne cette tonalité unique et typiquement wilderienne à cette comédie par ailleurs hilarante qu'est Avanti !

Réalisation : Billy WILDER

Scénario : Billy WILDER & I.A.L. DIAMOND, d'après la pièce de Samuel L. TAYLOR

Avec : Jack LEMMON, Juliet MILLS, Clive REVILL & Edward ANDREWS

Directeur de la photographie : Luigi KUVEILLER

Montage : Ralph E. WINTERS

Producteur : Billy WILDER

Production : Jalem Productions, The Mirisch Corporation, Phalanx Productions & Produzioni Europee Associati

 

 

 

Réalisateur
Billy WILDER

Billy WILDER


Samuel Wilder est né en 1906 en Autriche. Après des études de journalisme, il pénètre dès 1929 le monde du cinéma en écrivant les scénarios de Der Teufelsreporter (Le Reporter diabolique) d’Ernst Laemmle et Menschen am Sonntag (Les Hommes le dimanche) de Robert Siodmak. Il décide alors de se consacrer au métier de scénariste, et travaille sur de nombreux films, dont Emil und die Detektive (Emile et les détectives, 1931) de Gerhard Lamprecht.


Quand Hitler devient chancelier en 1933, Wilder part aussitôt pour la France. Il y co-réalise avec Alexandre Esway le film Mauvaise Graine, avant de s’exiler aux Etats-Unis. Il accède à Hollywood en vendant plusieurs scénarios aux studios, et entame une collaboration avec le scénariste et producteur Charles Brackett, qui se révèlera longue et fructueuse. En effet, ils enchaînent ensemble une série de scénarios à succès comme La Huitième femme de Barbe Bleue et Ninotchka d’Ernst Lubitsch. Mais peu satisfait des adaptations de ses scénarios, Wilder décide finalement de les porter lui-même à l’écran.


Ses deux premiers films The Major and the Minor (Uniformes et jupons courts, 1942) et Five Graves to Cairo (Les Cinq secrets du désert, 1943) sont perçus comme des comédies prometteuses. Il remporte un grand succès avec le film noir Double Indemnity (Assurance sur la mort), puis atteint la consécration avec The Lost Weekend (Le Poison) pour lequel il reçoit l’Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et enfin du meilleur acteur (Ray Milland). En 1950, il remporte à nouveau l’Oscar du meilleur scénario pour son film Sunset Boulevard (Boulevard de la mort). Ses œuvres étant jusqu’ici produites par Charles Brackett, Wilder choisit l’autonomie totale en devenant producteur de ses films, et se lance également dans l’adaptation de pièces de théâtre de Broadway.


En 1955, la Fox l’engage pour mettre en scène Marilyn Monroe dans The Seven Year Itch (Sept Ans de réflexion), que Wilder retrouvera quelques années plus tard pour Some Like it Hot (Certains l’aiment chaud, 1959). En 1960, sa nouvelle comédie The Appartment (La Garçonnière) qui met en scène Jack Lemmon, remporte les Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Fort de son succès, Wilder poursuit sa carrière en réalisant plusieurs films dont Embrasse moi, idiot qui fait scandale, et est rejeté par tout Hollywood.

Finalement, il retrouve les faveurs du public et des critiques grâce sa dernière grande comédie, The Fortune Cookie (La Grande combine). Dès les années soixante dix, Wilder se fait de plus en plus rare. Il travaille à l’adaptation de ses scénarios pour la télévision, et réalise plusieurs films considérés comme mineurs (The Private Life of Serlock Holmes (La Vie privée de Sherlock Holmes), Avanti !).


Disparu en 2002, et malgré une fin de carrière difficile, le scénariste, réalisateur et producteur Billy Wilder reste une figure incontournable de la comédie et un des cinéastes les plus marquants de sa génération.

 

FILMOGRAPHIE SELECTIVE :

1981 : Buddy Buddy

 

 

 

 

Votre avis

jb007 (Invité)

Commentairesj'adore les films de Billy Wilder

jb007 (Invité)

je me rappelle Pierre Bellemarre évoquant le soutien d'Arthur Conan Doyle aux thèses spirites et affirmant qu'une image de l'auteur lui-même était apparue sur un photogramme du film de Billy Wilder " la vie privée de Sherlock Holmes" en guise de clin d'oeil.Etonnant non?A vérifier

comnqnhvo

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