PIXOTE, LA LOI DU PLUS FAIBLE

PIXOTE, LA LOI DU PLUS FAIBLE
(Pixote, a lei do mais fraco)

Un film de Hector BABENCO | Drame | Brésil | 1981 | 122mn

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Une bande de gamins livrée à elle-même erre dans les rues de São Paulo. Lorsque la police organise une rafle, Pixote et ses amis sont incarcérés dans un centre de redressement. Mais la première nuit s’avère être encore plus cauchemardesque que la rue elle-même. La drogue, les bagarres et même le meurtre de sang-froid font désormais partie de son quotidien.

« En tant que jeune cinéaste, ce film a eu un grand impact sur mon cinéma. »

Spike LEE


Hector Babenco stigmatise la misère des favelas de São Paulo autour d’un groupe d’enfants livrés à eux-mêmes. Portrait réaliste et dramatique d’une jeunesse sans avenir trouvant refuge dans la drogue et la délinquance, Pixote dénonce aussi la politique des centres de redressement pour mineurs, aux pratiques aussi inexcusables que traumatisantes. Magnifiquement interprété par le jeune acteur non-professionnel Fernando Ramos Da Silva, Pixote est une œuvre bouleversante, sans voyeurisme ni concessions puritaines.


De PIXOTE à LA CITÉ DE DIEU :


Réalisé en 1982 par le cinéaste Argentin Hector Babenco, Pixote devait être à l’origine un travail photographique, un documentaire sur les enfants de Sao Paulo. Le choix de faire un film documentaire en 16 mm étant impossible pour des raisons d’autorisations, Babenco décide de mettre en scène la vie d’enfants issus des favelas. Misère, sexe et drogue pourraient, à eux seuls, résumer le quotidien d’une jeunesse sans illusion, où les centres de détention pour mineurs - entassés les uns sur les autres – fourvoient le futur et le retour dans le droit chemin d’enfants obsédés par un simple désir de survie.


Lorsque Fernando Meirelles réalise La Cité de Dieu en 2001, la sauvagerie galopante rejoint davantage la fiction que la réalité. Plus esthétisant, il n’en demeure pas moins, dans son approche et dans ses thématiques, une quasi relecture du film de Babenco.


 

PIXOTE : lorsque la réalité rejoint tristement la fiction :


« Un matin, très tôt, dans la première semaine des improvisations, à 50 garçons, on m’appelle en PCV d’un quartier très éloigné de Sao Paulo. Un certain Fernando m’explique que son frère lui a volé l’argent du bus pour venir, que la production lui avait donné. Et qu’alors il allait manquer, qu’il allait perdre cette occasion de faire l’acteur. Je voulais savoir qui était ce Fernando parmi les 50 que je connaissais encore mal […] Il voulait être acteur parce que sa sœur qui fait le ménage dans un théâtre le prenait avec elle quand il était malade, et il voyait la fin des spectacles. Je l’ai voulu en Pixote. Tout le monde avait choisi un autre garçon, beau, avec un visage très rapide. »


Extrait d’un entretien avec Hector Babenco

Libération, 5 mai 1982.



« Pixote est mort ! Le gamin à la gueule de travers, qui jouait sous ce nom dans le film brésilien d’Hector Babenco, a eu la vie de son personnage et la fin tragique qui lui était réservée. Après une tentative d’agression à main armée, il a été tué par la police, le mardi 25 août, dans la banlieue de Sao-Paulo. Il avait 19 ans. Fernando Ramos de son vrai nom, il s’était mis à jouer Pixote dans la vie, arrêté plusieurs fois après des agressions à main armée. »


Le Monde, 28 août 1987.


Revue de presse d’époque


« Jamais, depuis Los Olvidados de Bunuel, tourné en 1950 dans les banlieues pauvres de Mexico, on n’avait pas vu film plus impressionnant et plus maîtrisé. »

TÉLÉRAMA

 

« Un témoignage au premier degré, du cinéma qui coupe le souffle. »

LE MONDE

 

« Deux heures de mélo X à la Dickens et Genet, puissance 82. »


« Les moments doux que se bricolent les orphelins tragiques de Pixote sont les premières affirmations encourageantes qui puissent résister à l’abjection panique contemporaine. »

LIBÉRATION

 

« Le regard précis d’un documentaire,

sans complaisance ni misérabilisme larmoyant. »

LE FIGARO

Réalisation : Hector BABENCO

Scénario : Hector BABENCO & Jorge DURAN d’après le roman de José LOUZEIRO

Avec : Fernando Ramos Da SILVA, Jorge JULIAO, Gilberto MOURA, Edilson LINO & Zenildo Oliveira SANTOS

Musique : John NESCHLING

Directeur de la photographie : Rodolfo SANCHEZ

Montage : Luiz ELIAS

Producteur : Hector BABENCO, Paulo FRANCINI & Jose PINTO

Production : HB FILMES Ltda

 

 

 

Réalisateur
Hector BABENCO

Hector BABENCO


Héctor Babenco est né en 1946 à Mar del Plata en Argentine. Dans les années soixante, il vit en Europe où il exerce plusieurs métiers, et revient en Amérique du sud en 1963, plus précisément au Brésil, où il se fait naturalisé. Il fait ses débuts dans le milieu du cinéma en tant qu’assistant réalisateur. En 1973, il réalise son premier long métrage, un documentaire intitulé O Fabuloso Fittipaldi, sur le coureur automobile Emerson Fittipaldi. Deux ans plus tard, dans un contexte de répression politique au Brésil, il signe un portrait d’homme en marge de la société, O Rei da Noite, qui lui permet de se faire remarquer par la critique et le public.


En 1977, il réalise le thriller inspiré de faits réels Lucio Flavio, o passageiro da Agonia (Lucio Flavio, passager de l’agonie) qui dénonce la corruption au sein de la police et les escadrons de la mort. Le film remporte un succès historique auprès du public brésilien. Fort de sa carrière prometteuse, Babenco met en scène en 1980 Pixote : A Lei do Mais Fraco (Pixote, la loi du plus faible) sur les enfants de rue du Brésil. Le film décrit sans indulgence la vie de ces enfants sur un ton quasi documentaire, et révèle surtout le style du cinéaste qui fait preuve d’une énergie autant sociale et politique que poétique. Le film fut un succès mondial et reçu de nombreux prix dont celui du Meilleur film étranger au sein des Associations de Critiques de Los Angeles et de New York. Il fut même classé par la revue American Film parmi les trois films les plus marquants des années quatre vingt, aux côtés de Ran d’Akira Kurosawa et Fanny & Alexander d’Ingmar Bergman.


Suite à ce succès unanime, Babenco adapte à l’écran en 1984 le roman de l’écrivain argentin Manuel Puig, Kiss of the Spider Woman (Le Baiser de la femme araignée). Dans ce film aux intentions politiques mêlées à une intrigue imaginaire, le cinéaste met en scène Raul Julia et William Hurt, qui remporta le Prix d’Interprétation masculine au Festival de Cannes. Kiss of the Spider Woman fut également nominé dans les catégories du Meilleur film, du Meilleur réalisateur, Meilleure adaptation aux Oscars, et reçu celui du Meilleur acteur pour William Hurt. Consacré par la critique internationale, Babenco poursuit sa carrière à Hollywood en réalisant Ironweed (1987), d’après le roman de William Kennedy, avec Jack Nicholson et Meryl Streep, tous deux nominés aux Oscars en tant que Meilleur acteur et Meilleur actrice. Il signe ensuite At Play at the Fields of the Lord (En liberté dans les champs du seigneur, 1991), adaptation de la nouvelle éponyme de Peter Mathiessen.


Au cours des années quatre vingt dix, Babenco fait le choix de revenir au Brésil afin de retrouver son intégrité artistique. Il y réalise Corazon iliminado (Cœur allumé, 1996), qui est certainement son film le plus personnel puisqu’il s’inspire de sa propre adolescence. En 2003, il revient au cinéma avec le drame social Carandiru, qui raconte l’histoire d’un médecin de prison brésilien. Plus récemment, il a réalisé en 2007 El Pasado avec Gael Garcia Bernal, qui traite d’un couple qui décide de se séparer au bout de douze ans de vie commune.


Grâce à son passage remarqué à Hollywood, Héctor Babenco a contribué à repositionner le cinéma brésilien sur le marché, à l’ouvrir à un public plus large et surtout international. S’il est réputé pour ses films au réalisme violent, c’est aussi grâce à cette caractéristique que le cinéma brésilien parvient à trouvé sa propre identité, à savoir un cinéma de critique sociale et politique.


Filmographie


 

 

DVD - PIXOTE, LA LOI DU PLUS FAIBLE

DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ

Version Originale / Version Française

Sous-Titres Français

Format 1.85 respecté

16/9 compatible 4/3 – Couleurs


SUPPLÉMENTS :

. Pixote in memoriam (2006 – 77 mn), un documentaire de Felipe Briso et Gilberto Topczewski

Réalisé pour les 25 ans de Pixote, un documentaire inédit et poignant sur le succès et la chute de l’acteur Fernando Ramos Da Silva racontés au gré de plusieurs entretiens inédits avec Hector Babenco, Spike Lee, Nick Cave et de nombreux acteurs du film.

. Bande-annonce

19,99 €

 

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