Sortie en salles le 25 juin 2008
Classique indémodable du cinéma fantastique, Frankenstein est l’adaptation du roman gothique de Mary W. Shelley : Frankenstein ou le Prométhée moderne. Paru en 1818 alors que l’Angleterre commence à entrer dans la révolution industrielle, ce récit d’un homme cherchant à rivaliser avec Dieu fait grand bruit. Il soulève des questions philosophiques nouvelles, interrogeant le rapport pervers entre science et éthique. La jeune romancière britannique installe une atmosphère morbide, incertaine, pourrissante où le monstre déchaîné serait le produit le plus abominable d’une humanité dépassée par sa technique.
Le film de James Whale reprend ces thématiques et porte l’accent sur le caractère terrifiant du conte en privilégiant la place du monstre par rapport à celle du savant fou. Adapté de la pièce de Peggy Webling qui eut beaucoup de succès à la fin des années vingt, le Frankenstein de 1931 (une version muette de 15 minutes avait déjà été tournée en 1910) est avant tout un prodigieux film d’horreur. Associant à l’effroi une sombre poésie, ce chef-d’œuvre contient des moments inoubliables comme la scène où le monstre joue au bord de l’eau avec une petite fille. Plus de 75 ans après, Frankenstein demeure l’un des plus beaux films d’épouvante.
« Si vous avez le cœur fragile et que vous ne pouvez supporter des émotions trop intenses ou effroyables, nous vous recommandons de ne PAS voir ce film »
Texte d’accompagnement des publicités lors de la sortie de Frankenstein en 1931
Boris Karloff, un monstre de légende
La puissance mythique de Frankenstein est indissociable de l’incarnation du monstre par Boris Karloff. En 1931, cet acteur à la stature de golem est encore inconnu, à tel point que son nom n’est même pas mentionné au générique de début. C’est Bela Lugosi, inoubliable Dracula, qui devait à l’origine endosser le costume du monstre. Reprenant le rôle à son compte, Karloff imprime sur son personnage une force brute, aidé par les nombreuses couches de maquillage et de costume préparées par le génial Jack Pierce. Avec sa silhouette de marbre, son front plat, ses membres raides et les vis enfoncées dans son cou (qui sont en réalité des électrodes servant à faire passer l’électricité dans le corps afin de l’animer), la figure du monstre devient l’emblème du film et Karloff s’installe à jamais dans la mémoire collective comme l’image type de Frankenstein.