Sortie en salles le 06 mai 2004
Sortie en DVD le 04 mai 2004
Ciao ! Manhattan est un tremblement de terre qui secoua le cinéma indépendant américain, et qui mit en scène pour la dernière fois l’égérie d’Andy Warhol, Edie Sedgwick. Tourné par les réalisateurs John Palmer et David Weisman entre1967 et 1970, Ciao ! Manhattan est le point culminant du cinéma underground, entre flash-back et célébrité fanée, vidéo surveillance, crack boursier, électrochocs et dépendance sexuelle.
Outre Andy Warhol, le film présente également des stars de la Factory : Paul America, Viva, Brigid Berlin, Baby Jane Holzer, le cowboy Wesley Hayes, la star Hollywoodienne Isabel Jewel, les réalisateurs Roger Vadim, Christian Marquand et le poète Allen Ginsberg.
Ciao ! Manhattan met en parallèle les jours de gloire d’Edie, son inévitable chute et la dépendance dévastatrice qui prit sa vie une semaine seulement après la fin du tournage.
Edie Sedgwick, Icône de la Factory
Malgré son état psychologique instable, Chuck Wein voit en Edie Sedgwick un potentiel évident et décide de prendre son destin en main en la présentant à Andy Warhol. Rapidement, elle devient une « régulière » de la Factory. Après son premier film en 1965, Poor Little Rich Girl, elle apparaît dans une vingtaine de films dont elle est la plupart du temps l’héroïne incontestée. Lors de la projection de Beauty number 2 en juillet 1965, on va même jusqu’à la comparer à Marylin Monroe. Dans le film, on l’entendra dire « Si c’est moi Beauty number 2, qui est number 1 ? ».
En 1966, Lou Reed écrit Femme Fatale pour elle sur une recommandation de Warhol. C’est probablement d’Edie qu’il s’agit dans les chansons de Bob Dylan Just like a woman et Like a rolling stone. Inépuisable source d’inspiration pour les plus grands artistes, elle fut à l’origine de la chanson de Patti Smith Seventh Heaven, Courtney Love lui consacra une chanson, et un groupe de musique électronique a choisi de s’appeler Edie Sedgwick.
Suite à une dispute avec Warhol, Edie quitte la factory et s’engage dans le tournage de Ciao ! Manhattan, dans lequel les frontières entre fiction et réalité sont parfois si minces qu’on ne fait pas la différence : des images d’archives sont mêlées à une intrigue dans laquelle Edie s’appelle Susan. On y croise Andy Warhol, Paul America, on y voit les premières photos d’Edie pour Vogue magazine… Ciao ! Manhattan reste le seul film qui donna à Edie la possibilité d’exprimer ce qu’elle était, ses rêves et ses échecs.
Le matin du 16 novembre 1971, Michael Post, qu’elle avait épousé 4 mois plus tôt, la retrouve morte à côté de lui en se réveillant. L’autopsie conclura à un accident/suicide dû à une overdose de barbituriques. Warhol ne se déplacera pas à son enterrement.
« Ciao ! Manhattan, c’est tous les mythes de l’underground américain des silver sixties qui défilent devant nos yeux. » LIBÉRATION
« Le Citizen Kane de la Drug Generation » The Village Voice